Tout sur nos cadres de tambours chamaniques
- A fleur de peaux Tambours Chamaniques
- 19 févr.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 5 jours

Nos cadres de tambour chamaniques : l'âme du bois en vibration
De l’arbre qui s’élève au cœur de la forêt à la naissance d’un cadre de tambour chamanique, de nombreuses étapes sont nécessaires. Chaque cadre est le fruit d’un long processus, où le geste, la matière vivante et l’intention s’accordent pour donner vie à un cadre porteur de son et de vibration.
C’est Pascal qui réalise tous les cadres de nos tambours. Passionné par le travail du bois depuis longtemps, il met toute son expertise et son amour du travail bien fait dans la création des cadres de nos tambour

La préparation des planches
Tout commence par le délignage des fûts en plateaux de bois brut. Les plateaux entrent alors dans une phase de séchage naturel qui dure plusieurs mois. C’est une étape essentielle. Ce temps de repos permet au bois de relâcher ses tensions, condition indispensable pour que le cadre ne se déforme pas par la suite.
Une fois secs, les plateaux sont à nouveau délignés puis dégauchis, rabotés et poncés avec patience pour donner naissance aux planches. Ces planches devront être soigneusement stockées pour éviter tout risque de déformation.
La préparation des planches demande de nombreuses heures de travail manuel, dans le respect du fil du bois et de sa densité, chaque essence de bois ayant ses spécificités.
Par respect du vivant, nous veillons à tirer le maximum de chaque planche en limitant, autant que possible, les chutes de bois qui seraient perdues. Cette approche donne naissance à des cadres singuliers dont le nombre de facettes, la taille et la hauteur sont suggérés par le bois lui-même.

Cadres multifacettes : la découpe des planches
Pour réaliser des cadres multifacettes, on commence par faire quelques calculs. Il faut déterminer la longueur de chaque facette et l’angle de coupe spécifique pour obtenir le polygone régulier aux nombres de côtés et à la taille voulue.
La découpe des planches en facettes demande une grande précision. C’est ce qui permettra aux facettes de s’assembler parfaitement les unes aux autres.
Chaque cadre est une pièce unique dont le diamètre varie de 25 à 90cm, la hauteur de 3 à 25cm et le nombre de facettes de 8 à 28. De l’octogone à l’icosikaioctagone, tous les projets sont permis.
En ajoutant à cela les spécificités propres à chaque essence de bois, on comprend que chaque cadre est un exemplaire singulier, porteur de sa propre signature vibratoire.

Assemblage et précision
Après la découpe des facettes vient le temps de l’assemblage à blanc, pour vérifier que tout s’ajuste parfaitement, puis l’étape du collage et la mise sous pression de chaque élément.
Après 24 heures de séchage, commence la première étape de ponçage à la main pour garantir la planéité parfaite du cadre de tambour. C’est l’étape essentielle pour assurer un contact parfait entre la peau et le cadre, condition fondamentale pour une bonne transmission du son et des vibrations.
On façonne ensuite l’arrondi du bord du cadre au rabot à main, d’un geste précis et régulier, porté par le son de la lame parfaitement affutée qui emporte de minutieux copaux.
Et puis, on ajuste les facettes une à une à l’aide d’un ciseau à bois.
Les grands cadres et ceux qui accueilleront des peaux épaisses sont renforcés afin de leur assurer solidité, stabilité et longévité. Il faut alors percer une large fente en travers de chacun des angles, afin d’y insérer une lamelle de bois. Les lamelles de bois sont ensuite collées, coupées, ajustées et poncées avec soin.
S’ensuit le ponçage complet du cadre, à l’intérieur comme à l’extérieur pour unifier l’ensemble.
Enfin, les cadres sont traités avec une huile naturelle qui nourrit et protège le bois tout en respectant sa respiration naturelle.
Cette dernière étape révèle toutes les subtilités du veinage et des teintes du bois.

Cadres d'inspiration mongole
Un cadre de tambour d’inspiration mongole a besoin d’une grande et solide poignée verticale que nous façonnons également à partir de branches d’arbres ou de planches soigneusement sélectionnées. Chaque poignée est pensée pour assurer la prise en main, la posture et le confort du futur praticien. Certaines poignées sont entièrement sculptées au couteau. Il faut parfois une journée complète pour les réaliser. La sculpture du bois, c’est notre plaisir à tous les deux.
La plupart des cadres d’inspiration mongole ont également besoin de résonateurs, appelés également tenseurs ou amplificateurs qui participent à la tension de la peau. Ce sont des pièces de bois, de forme et de hauteur variées qu’il faut ajuster précisément aux angles du cadre où ils sont placés.
Il faut façonner et poncer 5 à 9 résonnateurs par cadre de tambour.
Les résonnateurs sont ensuite collés et la poignée soigneusement chevillée et fixée sur le cadre.

Le bois : un cadeau inestimable
Depuis que nous nous sommes lancés dans la fabrication de tambours chamaniques nous avons été soutenus et encouragés par notre entourage.
Nous avons été particulièrement touchés par la quantité de bois qui nous a été offert. Des élans spontanés grâce auxquels nous avons fabriqués la majorité de nos cadres.
Des cadeaux inestimables !
Le Châtaignier, le Cèdre et l’If, sciés et offerts par Michel.
La volige en Chêne et le Merisier d’Olivier, issus de la construction de sa maison.
Le Cèdre blanc d’Hervé, ainsi que l’Acajou, provenant d’un ancien plancher d’école.
De l’Aulne venant d’un cadre de lit offert par un voisin.
Les plateaux de Pin, Épicéa, Chêne, Hêtre et Frêne, offerts par Nicolas et Norbert (qui nous a ensuite invités dans son atelier pour les transformer en planches).
Chacune de nos pièces de bois porte une énergie spécifique à son espèce à laquelle s’ajoute maintenant une histoire qui nous rappelle une personne, un lieu ou un souvenir.
En devenant cadre de tambour chamanique, ce bois révèle toute sa dimension : celle du lien entre la nature et l’homme, entre l’esprit et la matière, entre les mondes.
À travers le tambour chamanique, ces histoires humaines continuent de résonner et de nous rappeler que nous sommes soutenus. A travers la nature, nos amis ou nos rencontres, la vie pourvoit toujours.

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